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Cancer du sein : le témoignage d’Agnès d’Ormesson (interview)

Le cancer du sein touche aujourd’hui 1 femme sur 8, et ce chiffre semble en constante augmentation.
Dans son livre témoignage « Les Silences Murmurés », Agnès d’Ormesson nous dévoile son quotidien avec la maladie.
A l’occasion d’Octobre rose, nous avons eu la chance de l’interviewer :
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Dans « Les Silences Murmurés », vous partagez une période de votre vie très particulière, le combat contre le cancer du sein. Comment avez vous appris que vous étiez atteinte?
Je me suis décelée cette tumeur moi-même. Mais grâce à la surveillance régulière par mon gynécologue – mammographies régulières ,etc… je fais également pas mal de sport, natation et gymnastique – entre deux examens, je me sentais « bizarre » . Mon instinct m’a alors permis de retourner voir ma gynécologue qui m’a fait faire une nouvelle mammographie, et là les médecins ont vu le début d’un truc pas très sympa. La rapidité des résultats d’examen ont fait que la « chose »  n’avait pas trop évolué…Car cela va très vite, et il ne faut pas hésiter à prendre le problème à bras-le-corps si je puis dire. 
Dans les semaines qui ont suivi l’annonce de votre cancer du sein, qu’est ce qui a changé dans votre vie de famille, dans vos rapports à vos proches?
Ce fut un véritable tsunami. Pas seulement pour moi pour ceux qui m’entouraient, mon mari, nos enfants. Je me suis mise un peu en retrait, je ne me suis pas cachée bien au contraire ,mais je me suis mise en « stand by », pour lutter et mieux rebondir. Je ne donnais pas trop de détails et ne souhaitais pas imposer à mes proches le séances de chimio.
J’ai essayé de rester « légère » et souriante surtout vis à vis de mon petit garçon alors âgé de 6 ans. Et grâce à mon mari, toujours présent mais dans la discrétion, j’ai pu m’épargner les redites téléphoniques – comment vas-tu? Ou en es-tu?etc….- Cela m’a évité de m’effondrer un peu plus.
C’est plus tard que j’ai ressenti des petits changements. Un peu moins de patience vis a vis des petits bobos de la vie quotidienne, relativiser bien des petits tracas, mais j’ai vraiment essayé de continuer à être la maman forte et la femme qui ne se plaint pas. Le rythme de la maison se faisait en fonction de mon état mais nous avons essayé de garder le rituel de déposer à l’école les enfants et aller les chercher…..La vie.
Les proches prenaient des nouvelles par l’intermédiaire de mon mari, certains amis proches veillaient sur moi et se relayaient comme je l’explique dans mon livre et je devenais une de leurs principales préoccupations, tout en restant joyeuse. Et puis certains se sont éloignés, par peur de la maladie, par peur de ne pas savoir me soutenir…. c’est ainsi et sincèrement on ne peut pas leur en vouloir.
Mais surtout une envie encore plus présente de profiter des bonheurs que la vie peut vous apporter. Câlins, bisous, rires et tant d’autres choses.
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Quels conseils donneriez vous aux femmes qui comme vous, ont à affronter cette maladie devenue trop fréquente?
C’est vrai, le cancer du sein touche en ce moment 1 femme sur 8 mais cela semble s’accélérer. Surtout se faire surveiller…. quel que soit son patrimoine génétique familial, en ce qui me concerne si je remonte à mes arrières grands mères aucune n’a eu de cancer du sein.La surveillance n’empêche pas la maladie, hélas, mais elle peut permettre de déceler très vite une anomalie et peut permettre une guérison. 
Une de mes lectrices, 42 ans n’avait jamais fait de mammographie. Après avoir lu le livre, elle m’a avoué être allée s’en faire faire une; c’est merveilleux je trouve. c’est une sorte de petite victoire.
Mes conseils; simples; se dire que si on peut suivant les cas, continuer le sport ou en faire, même fatiguée cela aide à surmonter les traitements et c’est vrai, profiter des accompagnements comme l’acuponcture, qui j’en suis certaine vous aide à surmonter les effets secondaires. De plus en plus d’acuponcteurs sont spécialisés dans le cancer.
TOUT CE QUI PEUT VOUS FAIRE DU BIEN NE PEUT PAS VOUS FAIRE DE MAL. Donc chaque petit plus est bon à prendre.
Se fier aussi à son équipe médicale, se laisser porter en ayant un moral d’acier, car certaines ont plus de chance que d’autres et quand on fait partie de ces premières, il faut se battre. Si on peut, ne pas se fermer au monde extérieur, car pendant cette période on vit deux vies parallèles. En sortant des soins, même fatiguées revenir dans le monde des « vivants ». Même fatiguées faire un peu de sport, on en sortira moins fatiguée et c’est vrai.
C’est dur et effrayant, c’est le mot, mais quand on croit apercevoir une lumière au bout du tunnel… cela vaut la peine.

Enfin, Octobre Rose est le mois de la prévention, avez vous des recommandations à faire aux mamans et aux femmes qui nous lisent, pour les inciter à se faire dépister ?

Comme je l’ai dit ci-dessus, le dépistage précoce n’empêche pas la maladie quand elle arrive (cela est mon opinion) mais dépistée tôt on peut être sauvée. Et c’est une immense CHANCE !
Rapidité des soins est égal pour moi à la survie. Une mammographie,  ce n’est pas drôle, soit, mais mourir trop tôt l’est encore moins. Pardon d’être aussi directe et froide devant cette question. Et même si il n’ y a jamais eu  de cancer du sein dans nos familles, je suis, et beaucoup sont la preuve que nous ne sommes pas à l’abri.
De plus, Nous avons toutes autour de nous des femmes qui n’ont pas eu cette chance d’être diagnostiquées à temps et pour toutes ces malheureuses qui ne sont plus, en mémoire de leur combat, parce qu’elles n’ont pas eu la chance de profiter de cette recherche médicale, qui fait des progrès incroyables, il faut se faire dépister. Je pense qu’il faut  affronter ce cataclysme, la vie est tellement précieuse.
Je voudrais terminer avec ces quelques lignes et parler de ces équipes médicales; médecins, oncologues, chirurgiens, infirmières, , acuponcteurs, chercheurs qui combattent à nos côtés, qui sont à notre écoute, qui nous secouent quelquefois, qui relativisent, suivant votre cas,  qui  supportent nos humeurs, de ces infirmières qui essayent de  nous soulager dans notre douleur. Sur, la première à se battre c’est nous, c’est vous, mais c’est un travail d’équipe. et quand les résultats sont bons et encourageants, ils sont tellement  aussi contents du travail accompli et des résultats.
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Les silences Murmurés, aux éditions Panthéon
J’ai été personnellement très touchée de lire ce témoignage, je suis certaine que vous le serez également. N’oubliez pas, le cancer du sein, et la prévention, c’est l’affaire de tous !
Prenez soin de vous et des vôtres, et à très vite chez les Mamans Qui Déchirent !

 

Auteur de l’article : MQD

A vous la parole !