Main arrachée à Lens, le parquet juge le tir du CRS conforme
Le CRS a agi sur ordre selon le procureur de Béthune, mais sans vidéo de l’explosion, l’IGPN doit encore établir comment la grenade a touché l’adolescent.
Vendredi, le procureur de Béthune, Étienne Thieffry, a fait savoir que le CRS auteur du tir de grenade assourdissante à Lens avait respecté les procédures réglementaires.
En bref
- L’adolescent, âgé de 15 ans, a perdu sa main gauche le lundi 5 octobre.
- Elle ne règle pas la question des responsabilités dans la blessure du lycéen, que l’enquête n’a pas tranchée.
- Ces blessures ne sont pas un cas isolé dans le débat public : à gauche, plusieurs blessures graves attribuées aux forces de l’ordre ont fait l’objet de critiques.
L’adolescent, âgé de 15 ans, a perdu sa main gauche le lundi 5 octobre. Le magistrat s’est exprimé dans un communiqué, alors que le blessé reste soigné à l’hôpital.
Une blessure grave devant le lycée Auguste-Béhal
Les faits se sont déroulés à Lens, dans le Pas-de-Calais, pendant une intervention de la police devant le lycée Auguste-Béhal. Le garçon y a subi une amputation de la main gauche, causée par une grenade policière.
D’après 20 Minutes, les CRS avaient été pris pour cibles par des mortiers et des projectiles de type pierres avant d’intervenir. La grenade lancée était de type assourdissant.
Ce que dit le parquet sur le tir
La conduite des investigations revient à l’Inspection générale de la police nationale, l’IGPN. Selon ses premiers éléments, relayés par le procureur et détaillés par franceinfo, le fonctionnaire était habilité à employer cette arme et a obéi à un ordre de l’autorité de commandement.
Le tir correspond, selon la même source, au mode opératoire prévu par la documentation de formation. Cette conformité concerne la façon dont la grenade a été lancée. Elle ne règle pas la question des responsabilités dans la blessure du lycéen, que l’enquête n’a pas tranchée.

Les points que l’enquête doit encore établir
Le moment exact de l’explosion n’a pas été filmé, comme l’a reconnu le procureur :
« Il n’existe pas de vidéo à disposition des enquêteurs permettant de visualiser l’explosion de la grenade »
Étienne Thieffry, procureur de Béthune
Plusieurs pistes structurent le travail des enquêteurs :
- Deux hypothèses : le lycéen a-t-il ramassé la grenade, ou celle-ci a-t-elle atterri sur lui ?
- Des témoignages convergents : tous sauf un décrivent un tir effectué à longue distance, 80 mètres, une grenade retombée au sol, puis plusieurs manifestants qui s’en approchent et l’un d’eux qui s’en empare jusqu’à l’explosion.
- Des recherches poursuivies : vidéos et témoignages continuent d’être collectés, avec des investigations techniques.
Ces récits concordants ne constituent pas une conclusion, et l’idée que l’adolescent ait lui-même saisi la grenade reste une hypothèse non établie.
La famille, l’audition à venir et la suspension des grenades
La mère du garçon a été auditionnée jeudi. Selon le procureur, elle a « déposé plainte pour les blessures subies par son fils ». L’AFP a contacté son avocate vendredi, qui a préféré ne pas s’exprimer.
Le lycéen, toujours hospitalisé, n’a pas encore été entendu. Les enquêteurs recueilleront sa parole dès que le corps médical et son état de santé l’autoriseront.
Côté gouvernement, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a décidé mercredi de suspendre le recours aux grenades assourdissantes pendant la mobilisation lycéenne, en attendant que la lumière soit faite sur ce qui s’est passé à Lens.
- Le lycéen est blessé devant le lycée Auguste-Béhal.
- Laurent Nuñez suspend l’usage des grenades assourdissantes.
- La mère est auditionnée et dépose plainte.
- Le procureur de Béthune juge le tir conforme dans un communiqué.
Ces blessures ne sont pas un cas isolé dans le débat public : à gauche, plusieurs blessures graves attribuées aux forces de l’ordre ont fait l’objet de critiques.
Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : mermoz lionel. Licence Pexels.
