Au réveil, rassurer son enfant sans chercher le monstre sous le lit
Un enfant qui se réveille en pleurs a besoin d’être entendu avant d’être rendormi. Les périodes de stress, les signes d’alerte et les bons réflexes au coucher.
En bref
- Un cauchemar ponctuel est normal, mais sa répétition mérite l’attention des parents.
- Déménagement, nouveau bébé ou tensions peuvent coïncider avec des cauchemars répétés.
- La nuit, on rassure, on met des mots sur l’émotion et on évite de chercher le monstre.
- Une peur persistante du coucher justifie d’en parler à un professionnel de santé.
Un enfant qui se réveille en pleurs après un mauvais rêve a besoin d’être entendu, pas renvoyé au sommeil. Désemparé, il file souvent vers la chambre de ses parents, et le réflexe d’adulte consiste à lui répondre « ce n’est rien, rendors-toi ». D’après Parents.fr, ces mauvais rêves peuvent pourtant susciter de véritables peurs, surtout lorsqu’ils deviennent fréquents.
Un cauchemar isolé, oui ; un cauchemar qui revient, non
Commençons par dédramatiser : pendant la nuit, les rêves déplaisants aident l’enfant à digérer ce qu’il a traversé et ressenti en journée. Un seul épisode isolé ne doit donc pas alarmer. La situation devient différente quand les cauchemars reviennent et finissent par alourdir le quotidien du petit : mieux vaut alors s’y arrêter plutôt que de les écarter d’un simple mot.
Delphine Théaudin, psychologue clinicienne, également gérante associée à Rennes de l’organisme de formation « La vie de Parents », résume ainsi la question : « Le cauchemar n’est pas réel, mais sa peur l’est. »
Les périodes qui favorisent les cauchemars répétés
Les cauchemars qui reviennent apparaissent parfois dans des moments de stress. Parmi les situations citées :
- un déménagement ;
- l’arrivée d’un bébé ;
- un changement d’école ou des difficultés scolaires ;
- des tensions au sein de la famille ;
- un événement vécu par l’enfant qui lui a fait peur.
À certains stades de son développement, l’enfant est également plus exposé aux cauchemars. D’après la psychologue, « Ce n’est pas forcément un événement traumatique qui les provoque ». Pour elle, il s’agit d’un signal qu’il convient de surveiller et d’entendre, sans y lire à tout prix la marque d’un traumatisme. Son imagination tourne en outre à plein régime une fois la nuit tombée : des bruits, la semi-obscurité ou des ombres suffisent à lui faire croire qu’un monstre est caché sous son lit ou dans son placard.
Les bons gestes au moment du réveil
Quand il se réveille, l’enfant pleure souvent ou est effrayé. Les parents sont parfois tentés d’analyser le rêve, alors que l’enfant attend d’abord qu’on l’entoure pour que la sécurité lui revienne. La psychologue recommande d’éviter le « ce n’est rien », même prononcé avec les meilleures intentions, puisqu’il réduit l’importance de ce que l’enfant éprouve. Elle suggère une formulation différente :
« tu as fait un mauvais rêve, ça t’a fait très peur, je vais rester près de toi jusqu’à ce que tu sois rassuré »
Delphine Théaudin, psychologue clinicienne
Une autre précaution s’impose : mieux vaut ne pas partir à la chasse au monstre pour calmer l’enfant, qui risquerait d’en conclure qu’une créature rôde vraiment dans sa chambre. Cela ne veut pas dire qu’il faille banaliser sa frayeur ni l’abandonner face à elle : on lui accorde de l’attention, on l’écoute et on l’aide à nommer ce qu’il éprouve.
Quand l’émotion a été entendue, on peut proposer à l’enfant de décrire son cauchemar ou la chose qui l’a effrayé. Selon son âge et son développement, il lui arrive encore de confondre ce qu’il a imaginé et ce qui est arrivé. Il peut aussi décliner, soit qu’il refuse de replonger dans ce mauvais rêve, soit qu’il ignore comment le décrire. Ce choix mérite d’être respecté.
Quand demander un avis professionnel
Un cauchemar qui paraît très réel, ou un malaise ressenti en se réveillant, n’indiquent pas nécessairement un trouble. Quelques signaux appellent cependant à creuser davantage.
Aucun âge précis ni seuil de fréquence n’est donné pour décider : c’est le retentissement sur le quotidien de l’enfant qui compte. Pour d’autres repères sur le sujet, l’article du blog sur aider son enfant face aux cauchemars prolonge ces conseils.
Photo : Eduardo Vallarta / Pexels
