Entre Parents

Périscolaire à Paris, 24 familles annoncent une plainte collective contre la Ville

Selon leur avocat, 24 familles d’élèves parisiens reprochent à la Ville de Paris et à sa hiérarchie d’avoir laissé un animateur être muté d’un établissement à un autre au lieu d’être suspendu ou signalé. Personnes visées, infractions invoquées, réponses de la mairie : les points clés de cette procédure.

Marion Lecoq Par Marion Lecoq
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Périscolaire à Paris, 24 familles annoncent une plainte collective contre la Ville
Les familles du périscolaire de Paris visent la Ville en justice : photo illustrative d’un adulte tenant la main d’un jeune enfant sur une allée pavée.

En bref

  • Leur avocat, Louis Cailliez, l’a présentée le dimanche 11 octobre 2026 dans un entretien à franceinfo, en précisant que le dépôt auprès du parquet de Paris était prévu le lundi 12 octobre.
  • Les réponses qu’il rapporte concernent la première procédure collective et l’affaire dans son ensemble.
  • Il revient au parquet de Paris, destinataire de la plainte, de décider des suites à lui donner, et seule une éventuelle procédure judiciaire pourra dire si des manquements individuels sont établis au sein de l’administration parisienne.

Vingt-quatre familles, parents d’enfants scolarisés dans deux écoles de la capitale, ont annoncé une plainte collective contre la Ville de Paris et une partie de sa hiérarchie, dans l’affaire des violences signalées dans le périscolaire. Leur avocat, Louis Cailliez, l’a présentée le dimanche 11 octobre 2026 dans un entretien à franceinfo, en précisant que le dépôt auprès du parquet de Paris était prévu le lundi 12 octobre. Il s’agit de l’école Saint-Dominique (7e arrondissement) et de l’école Volontaires (15e arrondissement), fréquentées par leurs enfants en 2025 et 2026. La démarche se distingue par sa cible : elle ne vise pas seulement des animateurs, mais les responsables qui, selon les plaignants, auraient laissé l’un d’eux poursuivre son activité.

Le reproche central : un animateur qui aurait été muté plutôt qu’écarté

Au cœur de la plainte figure un grief précis. D’après Louis Cailliez, un animateur aurait pu continuer à travailler auprès d’enfants en étant muté d’un établissement à l’autre, sans avoir été suspendu ni signalé. Les familles reprochent à des responsables de l’administration municipale d’avoir rendu cette situation possible, et c’est à eux qu’elles s’adressent, en plus des personnes soupçonnées d’avoir commis les violences.

Le texte, que franceinfo indique avoir consulté, compte 46 pages et couvre, selon l’avocat, « dix ans de fautes pénales ».

Louis Cailliez conteste aussi une lecture purement collective du scandale. À ses yeux, l’enchaînement des postes à responsabilité donne seulement l’impression de « diluer la responsabilité ». Il affirme qu’Anne Hidalgo a parlé d’une faillite institutionnelle globale, une formule qui, selon lui, visait à ne désigner personne. L’avocat soutient au contraire que le drame résulte de « fautes précises de personnes précises ».

Qui est visé, et pour quelles infractions

La plainte vise 14 personnes. Parmi elles, franceinfo mentionne :

  • la Ville de Paris elle-même, en tant que collectivité territoriale ;
  • Anne Hidalgo, ancienne maire de Paris ;
  • Emmanuel Grégoire, ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo, devenu ensuite maire de Paris ;
  • Patrick Bloche, adjoint chargé depuis 2017 de la petite enfance.

L’avocat ne s’arrête pas aux élus. Ses clients, explique-t-il, visent le haut de la hiérarchie administrative, mais aussi son milieu et sa base, à qui ils reprochent également des fautes. Il cite notamment la Dasco, la direction municipale chargée des affaires scolaires.

Quatre infractions sont invoquées :

  • la mise en danger d’autrui ;
  • le fait de ne pas avoir dénoncé des mauvais traitements ou des agressions sexuelles visant des mineurs ;
  • la non-assistance à un mineur en danger ;
  • le témoignage mensonger sous serment, qui porte, d’après Louis Cailliez, sur ce qu’Anne Hidalgo a déclaré lors de son passage devant la commission d’enquête sénatoriale.

Ces qualifications sont celles que retiennent les plaignants : aucune juridiction ne s’est prononcée sur ces faits, et les personnes visées sont présumées innocentes.

Des balançoires vides dans une aire de jeux pour enfants
Image d’illustration : une aire de jeux déserte, pour évoquer les violences signalées dans le périscolaire et la plainte des familles. Photo : summa / Pixabay

Ce que la Ville et ses élus ont répondu

L’article de franceinfo ne fait état d’aucune réaction de la Ville à cette deuxième plainte en particulier. Les réponses qu’il rapporte concernent la première procédure collective et l’affaire dans son ensemble.

Anne Hidalgo a contesté l’accusation de mise en danger délibérée portée par la première plainte. Sur France Inter, en septembre 2026, elle a cependant exprimé des regrets : au printemps 2025, elle n’avait pas reçu les familles de victimes. Selon son entourage, cité par franceinfo, Emmanuel Grégoire reste à la disposition de la justice. Auditionné par le Sénat, il a par ailleurs dit ne pas croire à une spécificité parisienne dans l’explosion des signalements liés au périscolaire.

La municipalité a aussi publié ses propres chiffres. Selon ceux qu’elle a communiqués en septembre 2026, 195 animateurs avaient fait l’objet d’une suspension depuis janvier 2026, dont 74 en raison de soupçons de violences sexuelles sur mineurs. Sur le plan pénal, franceinfo fait état de plus de 230 enquêtes alors en cours, qui concernent des écoles comme des crèches de la capitale.

Une démarche qui s’ajoute à d’autres

Ce recours n’est pas isolé. En septembre 2026, un premier groupe de plus de 15 familles, rassemblées par le mouvement « MeToo écoles », avait porté plainte en visant notamment Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire. Leur avocat reprochait à la mairie un « silence institutionnel » et affirmait qu’elle était informée, au moins depuis 2015, de la situation dans certains établissements.

Des responsables politiques se sont aussi tournés vers la justice. Rachida Dati figure parmi les élus de droite qui ont, au printemps 2026, saisi la procureure de Paris par des signalements ; le groupe de La France insoumise coprésidé par Sophia Chikirou a fait de même. Plaintes de familles, signalements d’élus et enquêtes pénales forment ainsi plusieurs voies distinctes.

Ce que cette procédure peut changer

Pour les parents, la portée de cette plainte tient d’abord à sa cible. Là où les enquêtes visant des animateurs portent sur les actes de chacun, celle-ci interroge la façon dont l’administration réagit lorsqu’un intervenant est mis en cause : le suspendre, le signaler ou simplement l’affecter ailleurs. Si la responsabilité de la chaîne administrative venait à être retenue, l’examen ne porterait plus seulement sur un individu, mais aussi sur les décisions prises, ou évitées, autour de lui.

La démarche soulève enfin une question de principe, au cœur de l’argumentation de l’avocat : une défaillance présentée comme collective peut-elle être rattachée à des personnes nommément identifiées ? Les familles répondent par l’affirmative ; franceinfo ne rapporte pas, sur cette plainte, la position de Patrick Bloche ni celle de la Dasco. Il revient au parquet de Paris, destinataire de la plainte, de décider des suites à lui donner, et seule une éventuelle procédure judiciaire pourra dire si des manquements individuels sont établis au sein de l’administration parisienne.

Photo : Atlantic Ambience / Pexels

Marion Lecoq

Vie pratique, santé, activités, sorties et sélections

Marion Lecoq

Marion Lecoq a été acheteuse au rayon hygiène et beauté d'une enseigne de distribution avant d'élever ses trois enfants et de reprendre une activité d'écriture à mi-temps. Elle écrit sur la vie pratique, la santé et le bien-être des mamans, et teste pour le site des produits du quotidien en donnant le prix payé et la durée d'essai. Elle fait du yoga dans son salon le mardi soir, quand la maison dort.