Concilier travail et vie de famille

L’avenir du pays inquiète les jeunes adultes, mais 77 % restent satisfaits de leur vie

Plus de huit répondants sur dix anticipent un parcours moins favorable que celui de leurs aînés pour la durée du travail, la propriété et l’emploi stable. Cette inquiétude collective n’efface pourtant pas leur satisfaction personnelle.

Marion Lecoq Par Marion Lecoq
6 min de lecture
L’avenir du pays inquiète les jeunes adultes, mais 77 % restent satisfaits de leur vie
Un jeune couple échange avec un interlocuteur tenant un porte-bloc lors d’une visite ou d’un rendez-vous.

Une enquête Ipsos/BVA publiée le 6 octobre 2026 montre que les 18-29 ans interrogés appréhendent fortement leur avenir professionnel et leur accès à la propriété.

Une enquête en ligne auprès de 3 000 jeunes adultes

L’enquête a été réalisée en ligne auprès de 3 000 personnes âgées de 18 à 29 ans, pour le collectif Jeunesse 2027. Ce périmètre est essentiel pour interpréter correctement les résultats : les pourcentages décrivent les réponses des participants à cette étude. Ils ne signifient pas que chaque jeune adulte en France partage ces inquiétudes ou rencontre déjà les difficultés évoquées.

L’article publié par 20 Minutes indique que le questionnaire a été administré en ligne. Sa reprise par Yahoo Actualités mentionne également la taille de l’échantillon, la tranche d’âge étudiée et le collectif commanditaire. Cette seconde publication reprend toutefois le même article et ne constitue donc pas une confirmation éditoriale indépendante.

La période exacte du recueil, la façon dont l’échantillon a été constitué et la marge d’erreur ne sont pas précisées. Cette limite empêche d’aller au-delà des réponses rapportées. L’enquête renseigne néanmoins sur la manière dont un large groupe de jeunes adultes imagine plusieurs étapes déterminantes de son avenir.

Les questions portent en effet sur des anticipations. Elles ne mesurent pas une hausse déjà constatée des difficultés professionnelles ou immobilières. Cette nuance compte pour les familles qui accompagnent un jeune adulte dans ses études, ses premiers contrats, une recherche de location ou un projet d’achat. Elle distingue une inquiétude déclarée d’une situation vécue par tous de la même manière.

Trois perspectives redoutées par plus de huit répondants sur dix

Les trois principaux résultats sont proches. Cinq points seulement séparent la perspective d’une vie professionnelle prolongée de celle d’un emploi stable plus difficile à obtenir. Les préoccupations ne se concentrent donc pas sur une étape isolée. Elles touchent simultanément la durée du travail, la possibilité de s’installer durablement dans un emploi et l’accès à la propriété.

Difficulté anticipée Part des jeunes interrogés Point de comparaison
Devoir travailler plus longtemps 89 % Les générations précédentes
Avoir plus de difficultés à accéder à la propriété 86 % Les générations précédentes
Avoir plus de difficultés à trouver un emploi stable 84 % Les générations précédentes

La durée de la vie professionnelle arrive en tête. Près de neuf répondants sur dix pensent qu’ils devront travailler plus longtemps que leurs aînés. Le résultat traduit une comparaison entre générations, mais il ne précise pas le nombre d’années supplémentaires envisagé ni l’âge auquel les participants pensent pouvoir cesser leur activité.

Le logement suit à trois points. Pour 86 % des personnes interrogées, devenir propriétaire sera plus difficile que pour les générations antérieures. L’enquête ne détaille ni le calendrier d’un éventuel achat, ni la zone géographique recherchée, ni la situation résidentielle actuelle des répondants. Ce chiffre ne peut donc pas être ramené à une cause précise ou à un seul type de projet immobilier.

La stabilité professionnelle complète ce trio avec 84 %. Ce résultat ne mesure pas le nombre de participants qui occupent actuellement un emploi stable. Il révèle leur perception de l’avenir. Pour eux, la préoccupation ne semble pas s’arrêter à l’obtention d’un premier travail : elle concerne aussi la possibilité de conserver une situation professionnelle durable.

Une jeune femme portant des lunettes est assise dans un fauteuil avec un ordinateur portable sur ses genoux.
Une jeune adulte installée dans son logement avec un ordinateur portable. Source : Pexels. Photographe : Vlada Karpovich. Licence Pexels.

L’emploi, le logement et l’autonomie se répondent

Ces résultats font apparaître plusieurs dimensions d’une même projection dans la vie adulte. Un emploi stable peut compter dans un projet de logement, tandis que la perspective de travailler plus longtemps transforme la représentation d’un parcours professionnel. L’enquête ne démontre pas de lien de cause à effet entre les trois réponses, mais leur niveau comparable montre qu’elles occupent ensemble une place importante dans les préoccupations exprimées.

Pour les parents, cette lecture aide à comprendre pourquoi une conversation sur le premier emploi peut rapidement s’étendre au budget, au logement et à l’autonomie. Elle n’autorise pas pour autant à conclure que tous les répondants sont en difficulté financière. Une personne peut craindre de rencontrer un obstacle dans plusieurs années sans y être confrontée au moment de l’enquête.

La perception comparée des générations occupe également une place centrale. Les participants n’évaluent pas uniquement leurs chances de trouver un poste ou d’acheter un logement. Ils estiment que ces étapes seront moins accessibles pour eux que pour leurs prédécesseurs. Cette comparaison structure les trois résultats, même si l’étude ne mesure pas directement l’évolution réelle des conditions d’emploi ou de propriété.

Ces préoccupations peuvent peser sur différents choix familiaux et personnels, sans déterminer une trajectoire identique pour chacun. Le cadre résidentiel, la situation professionnelle et le parcours de formation ne sont pas détaillés dans les résultats rapportés. Les réponses donnent donc une tendance au sein de l’échantillon, et non le portrait matériel complet de chaque participant.

Sur le média, les sujets d’emploi, de budget et de logement s’inscrivent plus largement dans les réalités de la vie pratique des familles. Ici, leur particularité tient à leur articulation dans le passage vers l’autonomie : trouver une position durable, envisager son lieu de vie et se projeter dans le temps apparaissent comme des préoccupations étroitement voisines.

Une satisfaction personnelle malgré le pessimisme collectif

L’enquête fait aussi ressortir un contraste marqué entre deux indicateurs. Seuls 25 % des jeunes interrogés se déclarent confiants dans l’avenir de la France, tandis que 77 % se disent satisfaits de leur vie. L’écart atteint 52 points, mais les deux réponses ne portent pas sur le même objet.

La confiance dans l’avenir de la France concerne une perspective collective. Elle peut intégrer la manière dont les participants imaginent l’évolution du pays et les conditions dans lesquelles ils devront bâtir leurs projets. La satisfaction à l’égard de leur vie renvoie, elle, à une appréciation personnelle formulée au moment de l’enquête.

Il n’y a donc pas nécessairement de contradiction entre ces réponses. Un jeune adulte peut être satisfait de sa situation présente, de ses relations ou de son parcours, tout en anticipant des difficultés pour obtenir un emploi stable, devenir propriétaire ou travailler moins longtemps que les générations précédentes. Le regard porté sur le contexte collectif peut être sombre sans effacer les aspects positifs de la vie individuelle.

Cette différence évite également d’assimiler automatiquement l’inquiétude à un mal-être personnel. Les chiffres décrivent deux échelles de perception : une satisfaction individuelle largement répandue dans l’échantillon et une confiance très minoritaire dans l’avenir du pays. Pour une famille, ce décalage peut éclairer un discours qui paraît ambivalent, avec un jeune adulte plutôt satisfait de son quotidien mais préoccupé par les conditions nécessaires à son autonomie future.

Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Anastasia Shuraeva. Licence Pexels.

Marion Lecoq

Vie pratique, santé, activités, sorties et sélections

Marion Lecoq

Marion Lecoq a été acheteuse au rayon hygiène et beauté d'une enseigne de distribution avant d'élever ses trois enfants et de reprendre une activité d'écriture à mi-temps. Elle écrit sur la vie pratique, la santé et le bien-être des mamans, et teste pour le site des produits du quotidien en donnant le prix payé et la durée d'essai. Elle fait du yoga dans son salon le mardi soir, quand la maison dort.