Rentrée scolaire

Lycéens et syndicats unis pour réclamer une autre école

Bâti vétuste, Parcoursup, mixité financée sous conditions : au forum du 10 octobre, lycéens et syndicats ont détaillé ce qu’ils exigent pour l’école.

Delphine Goujon Par Delphine Goujon
4 min de lecture
Lycéens et syndicats unis pour réclamer une autre école
Des lycéens brandissent des pancartes qui dénoncent un budget supprimé et une génération sacrifiée, à l’image de la mobilisation des jeunes et des syndicats pour réclamer une autre école.

Le samedi 10 octobre, à la Bourse du travail, lycéens et syndicats enseignants ont lancé ensemble un appel à la mobilisation générale pour l’école publique.

En bref

  • Le forum s’est tenu le samedi 10 octobre à la Bourse du travail, à l’initiative du Café pédagogique.
  • Sept organisations syndicales et l’Union syndicale lycéenne appellent à une mobilisation générale.
  • L’USL a rassemblé dix propositions chiffrées sur le site dixmesures.fr.
  • Plusieurs intervenants veulent lier le financement des établissements à la mixité sociale et scolaire.

Le rendez-vous portait un nom précis : le Forum du Manifeste du Café pédagogique, deuxième temps de la démarche « Parions sur l’École et l’éducation », coordonnée par Philippe Meirieu et Djéhanne Gani. Autour de la table, des collectifs d’éducation populaire, des chercheurs et des organisations syndicales, réunis alors que les mobilisations lycéennes occupent le terrain depuis plusieurs semaines.

Une intersyndicale derrière les lycéens

L’appel émane d’une intersyndicale large : SNES-FSU, SNUipp-FSU, SE-Unsa, Unsa, CGT, CFDT et FEP-CFDT, rejointes par l’Union syndicale lycéenne (USL). Son représentant, le lycéen Ryad Rani, reproche au gouvernement de répondre aux revendications par des effets d’annonce plutôt que par des solutions concrètes, et demande que le mouvement se poursuive. Sa formule résume l’état d’esprit de la journée :

« Ce qu’on veut, c’est une école républicaine qui tienne ses promesses »

Ryad Rani, lycéen, Union syndicale lycéenne

Selon le compte rendu publié par le Café pédagogique, Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, y voit l’occasion de « gagner la bataille des idées sur ce que doit être l’École de la République en 2027 ».

Salle de classe vide avec ses tables, ses chaises et un tableau blanc
Une salle de classe vide, tables alignées face au tableau : c’est l’école elle-même, ses moyens et ses effectifs, que lycéens et syndicats veulent transformer. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Mercedes Steph. Licence : CC BY-SA 4.0.

Des salles de classe aux vœux d’orientation

Ce que décrivent les lycéens ressemble à ce que beaucoup d’enfants racontent le soir à la maison. Trois sujets reviennent : l’état des bâtiments, l’orientation et les postes supprimés. Ryad Rani le dit sans détour : « Ils arrivent en salle de classe, ils ont le plafond qui leur tombe sur la tête et ils n’ont pas de profs. C’est ça, la réalité. » Sur Parcoursup, son jugement tient en trois mots : selon lui, la plateforme, c’est « juste la sélection ».

Morgane Verviers, secrétaire générale de l’UNSA, relaie la plainte des élèves sur des locaux glacials en hiver et étouffants en été. Les syndicats réclament un plan d’investissement depuis des années, rappelle-t-elle, et les élèves demandent « tout simplement d’avoir des enseignants devant chaque classe ». Elle espère que la baisse démographique actuelle libère des moyens, pour l’Éducation nationale mais aussi pour l’enseignement supérieur et la recherche.

Côté financement, Ryad Rani compare les milliards accordés au service national universel (SNU) aux postes supprimés dans les établissements.

Carte scolaire, Parcoursup, mixité, les pistes avancées

75 %des parents, du public comme du privé, favorables à un financement conditionné à la mixité (sondage Ifop pour le CNAL)
10propositions budgétisées présentées par l’USL

Plusieurs mesures touchent directement les choix des familles :

  • Intégrer le privé dans la carte scolaire : c’est la demande de Valérie Ginet, secrétaire générale de la FEP-CFDT, qui veut aussi des critères de Parcoursup rendus transparents.
  • Conditionner l’argent public à la mixité : Marie-Laure Tirelle, secrétaire nationale laïcité du SE-Unsa et secrétaire générale du CNAL, souhaite que tous les établissements, écoles sous contrat comprises, respectent des critères de mixité sociale et scolaire pour être financés. « Il faut absolument légiférer sur la mixité sociale et scolaire dans tous les établissements », affirme-t-elle.
  • Des mesures chiffrées : les propositions de l’USL sont réunies sur le site dixmesures.fr. « On a fait un travail de fond, et on a trouvé les moyens de le financer », assure Ryad Rani.

Le sondage Ifop mis en avant par Marie-Laure Tirelle a été réalisé pour le CNAL, qu’elle dirige.

Ce que les parents peuvent faire

Ryad Rani invite chacun à lire la liste détaillée et budgétisée des revendications, puis à signer la pétition qui les accompagne. Pour les parents qui veulent se faire leur propre idée avant de s’engager, la lecture des mesures est donc la première étape proposée. Si la rentrée des parents salariés vous a déjà occupés, ce débat prolonge celui de septembre sur un autre terrain.

Les syndicats comptent aussi venir à vous. Sophie Vénétitay estime que l’école se trouve à un point de bascule et qu’il faudra des années pour la reconstruire. Elle annonce vouloir aller à la rencontre des parents et des citoyens pour leur présenter un autre modèle d’école.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Florian Cuny. Licence : CC BY-SA 4.0.

Delphine Goujon

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Delphine Goujon

Delphine Goujon a été vendeuse puis responsable d'un magasin de puériculture pendant une dizaine d'années. Elle écrit sur les premières années de l'enfant et sur la vie de couple quand on devient parents : sommeil, alimentation de bébé, équipement, reprise du travail. Elle a gardé la liste des questions qu'elle posait à la pédiatre pour son premier.