Les pros de la petite enfance en grève pour plus de moyens
Le 8 octobre 2026, les pros des crèches ont défilé de Nice à Poitiers pour réclamer un meilleur taux d’encadrement, des salaires et une garde accessible.
Le jeudi 8 octobre 2026, les professionnels de la petite enfance se sont mobilisés partout en France, à l’appel du collectif « Pas de bébés à la consigne », soutenu par des préavis de la CGT.
En bref
- Pour les parents qui cherchent une place en crèche ou une assistante maternelle, ce mouvement parle directement de leur quotidien : nombre d’enfants par adulte, équipes incomplètes, nounous qui partent sans être remplacées.
- Gaëlle, agent de crèche dans l’arrière-pays niçois, le résume ainsi : « On est là pour dire que l’enfant n’est pas un objet.
- Si vous hésitez encore entre plusieurs solutions, notre guide pour choisir entre nounou et crèche détaille les deux modes de garde concernés par cette mobilisation.
Pour les parents qui cherchent une place en crèche ou une assistante maternelle, ce mouvement parle directement de leur quotidien : nombre d’enfants par adulte, équipes incomplètes, nounous qui partent sans être remplacées. Voici ce que portent les grévistes, et ce que le gouvernement met sur la table.
Une journée de mobilisation, de Poitiers à Nice
Le collectif n’était pas seul à lancer l’appel. D’après CNews, le Syndicat des professionnel.les de la petite enfance (SNPPE) s’y est associé, avec l’objectif d’alerter sur des conditions de travail qui se détériorent et sur une crise jugée structurelle par le secteur.
Dans la Vienne, la Fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants (FNEJE) et le collectif avaient donné rendez-vous à 11h30 au parc de Blossac, à Poitiers, du côté du théâtre de verdure. La formule choisie, un pique-nique militant, était ouverte aux familles : les parents y étaient explicitement conviés, comme le rapporte ici.fr.
Sur la Côte d’Azur, l’ambiance était celle d’un défilé. Une cinquantaine de personnes ont pris le départ place Garibaldi, à Nice, selon NicePremium.
Des équipes à bout, des familles sans solution
À Poitiers, les professionnels décrivent un cumul de difficultés : trop peu de bras, des métiers qui n’attirent plus, des conditions de travail abîmées, des salaires trop bas et le sentiment que la rentabilité a pris le pas sur le sens du métier. Jean-Michel Balliau, co-président de la FNEJE de Poitou-Charentes, situe le problème dans la durée : « Ce sont des difficultés qui datent d’une vingtaine d’années ».
Il fait aussi le lien avec les parents. Selon lui, des familles restent sans place en crèche et sans autre solution de garde, tandis que de nombreuses assistantes maternelles s’en vont, en particulier vers la retraite, sans que la relève suive.
À Nice, NicePremium décrit une autre spirale : beaucoup de salariés finissent en arrêt maladie, souvent non remplacés, et ce sont alors les collègues encore présents qui absorbent la charge. Gaëlle, agent de crèche dans l’arrière-pays niçois, le résume ainsi : « On est là pour dire que l’enfant n’est pas un objet. On ne peut pas nous demander d’encadrer beaucoup d’enfants, tout le temps, dans des conditions qui se dégradent. On ne peut pas se dédoubler. »
Combien d’enfants pour un adulte ?
C’est la revendication la plus concrète pour les parents. Marianne Caruso, référente de la section petite enfance à la CGT Nice Métropole Côte d’Azur, explique : « Actuellement, le taux d’encadrement est d’un professionnel pour cinq enfants qui ne marchent pas, et un pour huit qui marchent. » Son syndicat réclame un adulte pour cinq enfants quel que soit l’âge, afin de répondre réellement à leurs besoins. Le collectif national, lui, fixe un horizon plus précis.
| Enfants accueillis | Règle actuelle (CGT Nice) | Demande CGT Nice | Objectif du collectif d’ici 2030 |
|---|---|---|---|
| Bébés qui ne marchent pas | 1 adulte pour 5 | 1 pour 5 | au moins 1 pour 4 |
| Enfants qui marchent | 1 adulte pour 8 | 1 pour 5 | au moins 1 pour 5 |
Loana, agent de crèche, décrit ce que représente le ratio le plus large : « Imaginez-vous avec huit enfants en même temps, c’est impossible à gérer correctement, et c’est de plus en plus fatiguant pour nous ».
Les revendications, des salaires au reste à charge
Au-delà de l’encadrement, le mouvement avance plusieurs pistes :
- Rémunération : des salaires relevés, à la hauteur des responsabilités.
- Formation : une formation initiale renforcée, un vrai accès à la formation continue et davantage d’établissements pour former.
- Conditions de travail : des équipes au complet, des pauses réellement prises et la reconnaissance de la pénibilité.
- Accueil individuel : des financements durables pour les assistantes maternelles.
- Côté familles : un reste à charge calculé selon les ressources, et la gratuité pour les foyers sous le seuil de pauvreté.
Pour Marianne Caruso, tout part d’un même constat : « Il faut redonner de l’attractivité à nos métiers ».
Ce que propose le gouvernement, et pourquoi ça coince
Ces réponses ne convainquent pas. La FSU Territoriale estime que le titre d’IEPE permettra à des personnels moins formés d’encadrer les enfants. Quant à l’enveloppe de 90 millions d’euros, les syndicats à l’origine de la journée du 8 octobre la jugent insuffisante.
Si vous hésitez encore entre plusieurs solutions, notre guide pour choisir entre nounou et crèche détaille les deux modes de garde concernés par cette mobilisation.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Rlunaro. Licence : CC BY-SA 4.0.
