Entre Parents

Grève du 8 octobre dans les crèches, un accueil très inégal selon les villes

L’appel national du 8 octobre n’a pas fermé toutes les crèches : fermetures totales ou partielles, ratios d’encadrement contestés, rassemblements dans plusieurs villes.

Delphine Goujon Par Delphine Goujon
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Grève du 8 octobre dans les crèches, un accueil très inégal selon les villes
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Jeudi 8 octobre, les professionnels de la petite enfance étaient appelés à une journée nationale de grève et de manifestations. L’appel venait du collectif Pas de bébés à la consigne, relayé par plusieurs organisations syndicales. Pour les parents de jeunes enfants, l’effet de ce mot d’ordre dépendait de la commune, du gestionnaire de la crèche et du nombre de grévistes dans chaque équipe.

En bref

  • L’appel venait du collectif Pas de bébés à la consigne, relayé par plusieurs organisations syndicales.
  • Pour comparer les solutions de garde au quotidien, notre article nounou ou crèche, comment choisir donne des repères.
  • Cette journée s’inscrit dans une crise durable du secteur, dénoncée depuis plusieurs années par le collectif : manque de professionnels, dégradation des conditions d’accueil, difficultés de recrutement et perte d’attractivité des métiers.

Un mouvement qui touche tous les modes d’accueil

Selon Parents.fr, la mobilisation concernait le personnel des crèches publiques, privées ou associatives, celui des micro-crèches, les agents territoriaux, les contractuels et les assistantes maternelles. Les revendications concernaient la rémunération, les conditions de travail, la pénurie de professionnels, la formation et les taux d’encadrement.

Un appel national ne ferme pas mécaniquement tous les établissements. Aucun chiffre national fiable ne permettait de dire combien de structures seraient touchées. Une crèche pouvait aussi rester ouverte en fermant seulement une section, par exemple celle des bébés ou celle des moyens.

Des fermetures très variables d’une ville à l’autre

Les annonces locales publiées dans les jours précédents montraient ces écarts. À Vincennes, plusieurs crèches devaient être fermées en totalité ou en partie, avec des unités de vie non ouvertes dans différents établissements. Dans l’agglomération du Pays de l’Or, quatre crèches étaient annoncées fermées. À Seclin, la grève devait aussi perturber la restauration et les garderies liées aux écoles maternelles.

À Saint-Étienne, BFM TV comptait dix crèches concernées. Grennette et Minouchat devaient rester totalement fermées, alors que huit autres crèches fonctionnaient de manière partielle : Ribambelle, Sirainette, Saint Saëns, Petits Manuchards, Jean Macé, Galapiats, Comédie et Le parc de l’Europe. Les syndicats avaient déposé leurs préavis dès septembre.

Les parents qui voulaient savoir si leur enfant serait accueilli devaient se tourner vers leur crèche, leur mairie, le gestionnaire ou leur assistante maternelle. Certaines communes publiaient une liste précise des structures fermées ou partiellement ouvertes, d’autres prévenaient par courriel, par application municipale, par affichage ou par un message de la direction. Pour comparer les solutions de garde au quotidien, notre article nounou ou crèche, comment choisir donne des repères.

Le taux d’encadrement au centre des demandes

Parmi les revendications, le ratio entre adultes et enfants revenait partout. Les syndicats demandent un taux d’encadrement réglementé d’un professionnel pour cinq enfants, ainsi qu’une revalorisation du point d’indice et des grilles indiciaires, l’ouverture de centres de formation et de meilleures conditions de travail.

À Nice, une cinquantaine de personnes ont défilé depuis la place Garibaldi. Marianne Caruso, référente de la section petite enfance du syndicat CGT Nice Métropole Côte d’Azur, a rappelé le cadre actuel, selon nicepremium.fr : un professionnel pour cinq enfants qui ne marchent pas, un pour huit qui marchent. Le syndicat veut un pour cinq quel que soit l’âge. Elle a aussi demandé de « redonner de l’attractivité » aux métiers, en insistant sur le manque de recrutements.

Gaëlle, agent de crèche dans l’arrière-pays niçois, a résumé le malaise en disant qu’on ne peut pas se dédoubler face à des groupes nombreux. Loana, autre agent de crèche, a décrit la difficulté de s’occuper de huit enfants en même temps et jugé les salaires trop bas au regard des responsabilités. Dans la foule, une pancarte disait : « Formées mais pas surhumaines, nous ne sommes pas des pieuvres ».

À Saint-Dizier, deux lectures des mêmes ratios

Devant l’hôtel de Ville de Saint-Dizier, une dizaine de professionnelles, surtout des auxiliaires de puériculture et des assistantes maternelles, se sont rassemblées malgré le froid. Selon Puissance Télévision, leurs pancartes reprenaient l’expression « La couche est pleine ».

À la crèche du Vert-Bois, qui accueille une soixante-dizaine d’enfants, les grévistes avancent un ratio d’une professionnelle pour cinq enfants non marchants et d’une pour huit enfants marchants. La directrice du pôle Petite enfance du Grand Saint-Dizier, Nathalie Ménage, donne d’autres chiffres : quatre enfants non marchants pour une assistante maternelle, et six enfants marchants pour une assistante maternelle. Elle reconnaît des difficultés de recrutement dans le secteur, tout en contestant leur effet sur les assistantes maternelles de la structure.

Les manifestantes décrivent aussi des remplaçantes parfois encore étudiantes, des salariées qui restent après leurs heures faute de relève et une précarité qui pèse sur les remplaçantes. Elles ont été reçues par la directrice générale des services de l’agglomération et doivent encore être entendues par le président, Quentin Brière, dans les prochains jours.

Les rassemblements prévus dans le pays

  • Paris : rendez-vous à 10 heures place des Droits de l’Enfant (14e arrondissement), avant un départ vers le ministère.
  • Saint-Étienne : manifestation place Jean-Jaurès à 10h30.
  • Lyon : place de la Comédie. Marseille : place Félix-Baret.
  • Nantes, Rennes et Dijon : devant la préfecture. Poitiers : parc de Blossac, sous forme de pique-nique militant.
  • D’autres mobilisations étaient annoncées à Nice, Toulouse, Montpellier, Metz, Angoulême, Laval et Bourg-en-Bresse.

Cette journée s’inscrit dans une crise durable du secteur, dénoncée depuis plusieurs années par le collectif : manque de professionnels, dégradation des conditions d’accueil, difficultés de recrutement et perte d’attractivité des métiers.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Rundvald. Licence : CC BY-SA 4.0.

Delphine Goujon

Vie pratique, santé, activités, sorties et sélections

Delphine Goujon

Delphine Goujon a été vendeuse puis responsable d'un magasin de puériculture pendant une dizaine d'années. Elle écrit sur les premières années de l'enfant et sur la vie de couple quand on devient parents : sommeil, alimentation de bébé, équipement, reprise du travail. Elle a gardé la liste des questions qu'elle posait à la pédiatre pour son premier.